Prix Errera

Léo Errera (1858-1905)

portrait of Leo Errera

Léo Errera naît dans une famille bruxelloise – d’origine vénitienne – extrêmement fortunée. Il accomplit ses études à l’Athénée de Bruxelles et sous la férule de précepteurs particuliers. Elève doué, il entre tôt à l’Université de Bruxelles, alors qu’il est déjà un polyglotte distingué. C’est en Faculté de Philosophie et Lettres qu’il obtient le diplôme de candidat, auquel il ajoute un doctorat en sciences naturelles (1879). Quelque 5 années auparavant, il est devenu membre de la Société royale de Botanique de Belgique. Dès 1875, il a fourni à François Crépin – avec qui il herborisait, déjà – un texte sur la végétation des environs de Nice, pour le Bulletin. Mais, la floristique ne sera pas sa voie car, en effet, Errera s’imposera bientôt comme l’un des plus ardents promoteurs du laboratoire comme lieu de production et d’acquisition du savoir scientifique dit « moderne ». Il a, d’ailleurs, dès sa sortie de l’université, fréquenté plusieurs de ces institutions, à l’étranger. On notera également que certains ont attribué les choix de recherche de Leo Errera à la lecture précoce des ouvrages de Charles Darwin….

Le botaniste commence sa carrière académique à l’Université Libre de Bruxelles en 1884, où il finira par reprendre le cours de botanique générale, à la mort d’un autre pilier de la Société royale de Botanique : J.-E. Bommer (1829-1895). Pour appuyer son enseignement sur la pratique et pour soutenir son programme de recherche, il dotera son Alma Mater d’un laboratoire de botanique. De cette petite structure et de l’Institut de Botanique qui lui succédera, sortiront certains des plus grands noms de la botanique belge, dont Emile De Wildeman (1866-1947) Jean Massart (1865-1925), qu’on peut considérer comme son fils spirituel. On notera que la première avait été installée au Jardin botanique de l’Etat, et que le second lui était contigu. C’est que, en effet, Errera a également un pied au Jardin botanique de l’Etat, dont il a rejoint le Conseil de surveillance, en 1884. Il y exercera la fonction de secrétaire, jusqu’à sa mort, survenue inopinément, en 1905.

Le testament du botaniste porte qu’une somme de 15.000 francs devait être placée au profit de la Société royale de Botanique de Belgique, afin d’y créer un prix triennal récompensant un travail d’anatomie, d’embryologie ou de physiologie végétales, les branches qu’il avait cultivées durant sa fertile carrière. La Société décidera que le prix attribué porterait le nom du généreux donateur qui avait, depuis le milieu des années 1880, occupé une fonction au sein de son conseil d’administration. En 1905, il avait d’ailleurs représenté la société savante au Congrès international de Botanique de Vienne (1905). Leo Errera, qui a également prêté son concours à la Société belge de Microscopie et au Club alpin belge – où il côtoyait, notamment, François Crépin (1830-1903) – peut être considéré comme l’un des défenseurs précoces du transformisme darwinien, en Belgique.

En décembre 1905, la Société décide que Léo Errera sera inscrit à perpétuité en tête de la liste des membres.

 

Texte : Denis Diagre-Vanderpelen

période lauréat(s)
1992–1994 H. Asard
1995–1997 M. Baucher & W. Van Camp
1998–2000 O. Raspé & T. Beekman
2001–2003 S. Lutts
2004–2006 F. Vandenbussche
2007–2009 L.-P. Ronse Decraene
2010–2012 Kenny Helsen
2013–2015